OPTIMISER LES STRATÉGIES D’INVESTISSEMENT SOUS SOLVABILITÉ II

 


Le 1er janvier 2016, la directive Solvabilité II est entrée en vigueur dans l’Union européenne. Solvabilité II réglemente le montant de capital que les compagnies d’assurance et de réassurance doivent détenir, afin de garantir la stabilité financière des assureurs.

 

La directive impose une série d’exigences qualitatives et quantitatives aux compagnies d’assurance, qui ont un impact majeur sur la viabilité et le potentiel de rendement des stratégies d’investissement gérées en interne par les assureurs. En particulier, Solvabilité II a rendu les produits d’assurance garantis et de longue durée plus capitalistiques et donc moins attractifs sur le plan commercial. Inversement, les produits d’assurance en unités de compte, avec lesquels les assurés supportent le risque d’investissement, sont devenus plus avantageux. Dans cet avis d’experts, Rudyard Ekindi, directeur au sein de l’équipe Global Investment Solutions et David Niddam, Responsable des Solutions personnalisées chez Lyxor, expliquent comment les compagnies d’assurance peuvent optimiser leurs stratégies d’investissement dans le cadre de la nouvelle directive.

 

LA DIRECTIVE SOLVABILITÉ II EST UN EXEMPLE DE LA TENDANCE À LA DÉSINTERMÉDIATION À L’ÉCHELLE DE LA SOCIÉTÉ

Rudyard Ekindi : Solvabilité II est née de la volonté des régulateurs et des décideurs politiques de veiller à ce que le secteur de l’assurance ne soit pas exposé à des risques systémiques. Cependant, la tendance à la désintermédiation que l’on observe depuis 2008 ne se limite pas au secteur de l’assurance. Elle concerne également le secteur bancaire et, au-delà, l’ensemble de l’économie et de la société.

Par exemple, les régimes de retraite à prestations définies ont cédé la place à des régimes à cotisations définies dans le monde entier, passant effectivement le risque d’investissement et de longévité au retraité. Les défis socio-économiques associés à ces tendances sont encore incertains, et il n’est pas possible à ce stade de savoir comment ils seront résolus. Mais en ce qui concerne les assurances ou les pensions de retraite, chacun doit être conscient des défis qu’implique le transfert des risques d’investissement vers l’utilisateur final. Dans le secteur de l’assurance, les incitations des régulateurs ne sont pas nécessairement alignées sur les préférences des différentes parties prenantes. Les répercussions, aussi bien pour les assureurs que pour les assurés, sont inévitables. Dans ce contexte, les assureurs ont le devoir de concevoir des solutions fournissant un niveau de protection adapté et acceptable pour les souscripteurs.

"Solvabilité II a changé le paradigme de l’assurance en Europe. Les compagnies d’assurance qui s’en sortent le mieux depuis l’introduction de la directive sont celles ayant adapté leur modèle en adéquation avec les nouvelles exigences réglementaires."

David Niddam, Responsable des Solutions

personnalisées, Lyxor

 

QUELLES SONT LES SOLUTIONS D’INVESTISSEMENT « SOLVABILITÉ II » QUE VOUS POUVEZ PROPOSER AUX COMPAGNIES D’ASSURANCE ?

David Niddam : Nous avons développé toute une gamme de solutions d’investissement afin d’aider les compagnies d’assurance confrontées aux défis de Solvabilité II.
Presque deux ans après l’entrée en vigueur de Solvabilité II,
les assureurs comprennent désormais beaucoup mieux

l’impact sur le bilan de leurs solutions de placement choisies. Mais alors qu’ils construisent des portefeuilles d’investissement à partir de plusieurs classes d’actifs possibles (obligataire, crédit, actions, multi-actifs, primes de risque alternatives et hedge funds) en gardant à l’esprit le SCR qui en résulte, ils sont également conscients de la difficulté de maintenir la stabilité du SCR. Les compagnies d’assurance doivent également être conscientes de la politique de valorisation au prix du marché applicable à leurs investissements, celle-ci étant également susceptible de créer de la volatilité au niveau du ratio de solvabilité. Les solutions que nous proposons suivent certains principes. 

Premièrement, le risque doit être évalué de façon homogène dans le portefeuille d’investissement, les exigences de fonds propres étant déterminées proportionnellement au risque global lié au bilan. 

Deuxièmement, la solution d’investissement doit prendre en compte les exigences des autorités de régulation en matière de protection contre le risque baissier, étant donné que Solvabilité II utilise un cadre basé sur la « valeur à risque » (Value-at-Risk) pour calculer les exigences de fonds propres des assureurs.

Enfin, troisièmement, la solution d’investissement doit être dynamique : en d’autres termes, nous entretenons une relation fiduciaire avec les compagnies d’assurance et travaillons en partenariat avec elles pour gérer les risques en continu - contrairement aux produits de protection qui s’appuient sur l’état du bilan de l’assureur à un moment donné, mais qui risquent de perdre leur efficacité par la suite.

 

LA VOIE À SUIVRE

David Niddam : Solvabilité II a changé le paradigme de l’assurance en Europe. Les compagnies d’assurance qui s’en sortent le mieux depuis l’introduction de la directive sont celles ayant adapté leur modèle en adéquation avec les nouvelles exigences réglementaires. Notre objectif est de proposer aux compagnies d’assurance des solutions d’investissement adaptées. En tant que gérant d’actifs, nous proposons une expertise combinée en gestion des risques et en produits dérivés, des dispositifs opérationnels flexibles et éprouvés, une plateforme de fonds en architecture ouverte, des économies d’échelle dans le cadre de la conclusion de contrats avec des tiers et un portail technologique garantissant un niveau élevé de transparence. Ces services font partie de notre offre complète à destination des investisseurs institutionnels et sont regroupés sous la dénomination commune « LEAP » (Lyxor’s Enhanced Architecture Program).

Nous avons réalisé plusieurs mises en place LEAP au cours des dernières années et nous constatons, d’après nos conversations avec les clients, que les institutions mettent

beaucoup plus l’accent sur l’efficacité opérationnelle que par le passé. Alors que Solvabilité II est de plus en plus axée sur la gestion des risques extrêmes de marché et de liquidité,

Nous aidons les compagnies d’assurance à poursuivre le déploiement de leur modèle d’affaires préféré tout en mettant en place des solutions de couvertures (overlays) nécessaires pour les protéger contre les risques extrêmes